Bonjour,

je crois que je ne surprendrai personne en disant que le dessin est une activité très plaisante. Quel enfant n’aime pas dessiner  ? Lorsque vous dessinez, non seulement vous oubliez temporairement vos soucis mais vous permettez à votre subconscient de s’exprimer librement. Cette activité est aussi très bénéfique pour votre équilibre psychologique. Ce n’est pas pour rien que l’art-thérapie est de plus en plus utilisée dans les programmes de soins. Dessiner permet d’exprimer ses idées et de les partager avec les autres en image et en couleur. Seulement quelques outils suffisent. Ce plaisir est donc abordable et accessible à tous. Beaucoup de personnes désirent apprendre à dessiner. Vous faites peut-être partie de ces personnes si vous lisez cet article. Bon …je vous entends déjà :…« Je ne peux pas dessiner ….grrr. Je n’ai pas ce talent. » Malheureusement, être bon en dessin semble quelque chose d’impossible à atteindre pour bien des gens. C’est pourtant une technique comme les autres. Pourquoi avez-vous l’impression que cette technique est plus difficile à apprendre que de lire ou de cuisiner  ?

L’objectif de cet article est de vous expliquer que c’est souvent vos pensées qui vous bloquent, qui vous font croire que dessiner est beaucoup plus difficile. Ces pensées vous empêchent d’apprendre et vous font perdre confiance. Si vous comprenez d’où elles viennent, vous allez vous libérer et serez libre d’apprendre. Si vous vous débarrassez de ses pensées limitantes vous pourrez laisser libre cours à votre désir de dessiner tout ce que vous souhaitez, même des portraits, si c’est votre désir.

 

1-Dessiner requiert une seule habilité.

 

Dire : « Je ne suis pas bonne en dessin » est vraiment une pensée limitante.

 

Habituellement la personne qui le dit veut surtout dire : je ne peux pas dessiner des objets qui ont l’air réels. Alors, dès le départ, elle abandonne. Pour elle, il existe deux possibilités ; on peut ou on ne peut pas dessiner. Mais d’où vient cette croyance ?

Quand vous étiez enfant vous pouviez dessiner. Vous avez dessiné beaucoup n’est-ce pas ? Vous étiez capable de le faire et vous n’aviez aucun doute. À quel moment en êtes-vous venu à la conclusion que vous ne pouviez pas dessiner ? Sûrement, lorsque vous avez remarqué que certains enfants recevaient plus de compliments que vous. À ce moment, vous avez compris que pour qu’un dessin ait de la valeur, il doit ressembler à quelque chose de réel. Ce que vos dessins n’ont pas, peu importe à quel point vous essayez. Avec le temps vous êtes arrivés à la conclusion que vous ne pouviez pas dessiner et vous avez donc abandonné. Question : Est-ce que vous avez arrêté de cuisiner après le premier repas infect que vous avez préparé  ? J’espère que non.

Lorsqu’on apprend quelque chose, il existe un continuum d’apprentissage, c’est-à-dire des étapes. Lorsque vous voulez maîtriser une technique comme cuisiner il y a plusieurs habiletés à acquérir. Vous ne devenez pas chef cuisinier du jour au lendemain. Il existe une grande marge entre je peux et je ne peux pas. Il y a plusieurs étapes à franchir et chaque étape est plus difficile que la précédente. La perfection est impossible à atteindre et c’est pourquoi le dernier niveau est inaccessible. Il existe toujours une façon de s’améliorer.

Curieusement, la plupart des gens voient le dessin comme une habileté à seulement deux niveaux (voir graphique 1) : Je ne peux pas et je peux parfaitement. La preuve, si vous aimer ce que quelqu’un dessine, vous dites : « il peut dessiner »et si vous n’aimez pas : « il ne peut pas. » Aussi simple que ça. À elle seule, cette pensée suffit à vous empêcher de réaliser votre rêve de dessiner.

Mais comment réussir à gravir une aussi grande marche 

entre je ne peux pas et je peux ?

 

La vérité est qu’il existe plusieurs habilités à acquérir avant de bien maîtriser le dessin.  Voyez ces habilités comme plusieurs étapes à franchir (voir graphique 2). Plus vous vous améliorez, plus difficile sont ces étapes.  La perfection n’existe pas, il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre et la plupart des artistes qui persévèrent vont poursuivre leur apprentissage jusqu’à la fin de leurs jours. Être débutant est moins difficile car la marche est moins grande pour passer à l’étape suivante. C’est sûrement pourquoi il y a plus de débutant.  

Dans ce graphique 2, j’ai voulu vous expliquer concrètement le processus mais sachez que l’apprentissage requiert parfois 1 ou 2 habilités pour pouvoir passer à l’étape suivante et personne n’a le même cheminement.  Certains développent une habilité avant l’autre, d’autres parfois plusieurs en même temps. Les 3 pointillés représentent d’autres apprentissages.  

C’est simplement pour vous montrer que tout n’est pas noir ou blanc, il y a un long processus d’apprentissage et ce processus est propre à chaque personne.

 

Alors pourquoi voir seulement deux étapes (deux manières d’être) : je peux ou je ne peux pas ? Simplement parce qu’il est plus facile de dire si vous aimez un dessin ou si vous ne l’aimez pas. Quand vous débutez en dessin c’est tout ce que vous pouvez voir. Vous n’êtes pas en mesure d’identifier toutes les erreurs d’exécutions, car vous ne les connaissez pas. Alors il est normal de tout simplifier en deux étapes.

 

2 : Un artiste naît avec le talent ou pas.

Quand une personne débute en dessin, elle n’a pas vraiment de démarche artistique. Elle ne pense pas nécessairement à créer quelque chose de spécifique non plus. Elle pense seulement à quelque chose, appuie le crayon sur le papier et espère créer quelque chose de bien. C’est parfait pour entretenir la pensée qu’une personne naît avec le talent ou pas. Quand vous n’avez aucune idée du résultat, vous pouvez seulement espérer être bon. La vérité est : que les choses arrivent d’elle-même seulement lorsque certaines notions sont intégrées dans notre cerveau. C’est exactement comme parler, écrire ou cuisiner. Vous n’avez pas besoin d’être attentif, parce que vous y avez déjà consacré beaucoup de temps. Plus vous développez des habilités en dessin, moins vous avez besoin d’aide pour le faire. Un artiste expérimenté a développé des habilités qu’il maitrise parfaitement. Quand il dessine de mémoire une silhouette humaine sans outil de référence c’est le fruit de plusieurs heures de travail actif. C’est la même chose avec n’importe quelle habilité, si vous pratiquez intensivement et longtemps, votre élan deviendra automatique.

 

C’est seulement magique lorsque tu ne comprends pas.

 

Un débutant talentueux voit ses réalisations comme quelque chose qui arrive parce que c’est toujours arrivé. Vous commencez à dessiner des choses que vous pouvez et vous remarquez que plus vous persévérez plus vous arrivez à dessiner ce que vous souhaitez. Vous ne savez pas comment faire , donc vous ne saurez pas comment recommencer. Si vous n’avez aucune idée pourquoi ce dessin est meilleur que les autres, vous n’allez rien apprendre. Pour un artiste expérimenté, aucun chef d’oeuvre n’arrive subitement. Il y a seulement des erreurs qui peuvent être améliorées la prochaine fois. N’attendez pas que cela arrive. Chercher plutôt quelles sont vos erreurs.

Si parfois vos dessins vous étonnent et d’autres fois non, c’est le temps de changer votre façon d’expérimenter. N’attendez pas que votre main et votre cerveau veulent bien vous dessinez quelque chose de merveilleux. Prenez un dessin qui vous a ébloui et comparer le avec un qui ne l’a pas fait. Quelle est la différence ? Qu’est ce que vous pouvez apprendre ? Qu’est-ce que vous pouvez utiliser dans un autre projet? Si votre dessin ne vous satisfait pas, demandez-vous pourquoi. Pourquoi vous ne l’aimez pas ? Si vous êtes entrain de dessiner un loup et que ses pattes semblent trop longues et croches, vérifiez ce que des pattes de loup ont l’air. Ne vous fiez pas à votre mémoire ! Votre cerveau a appris à dessiner seul pendant plusieurs années, et cela vous a occasionné ces erreurs aujourd’hui. Si vous voulez vous améliorer, il est toujours temps ! Il n’est jamais trop tard.

Vous devez pratiquer le dessin, par le dessin. Vous devez dessiner beaucoup. Le dessin demande une pratique constante et assidue. Vous êtes très créatif, et vous essayez de créer quelque chose de nouveau chaque fois. Vous mettez beaucoup d’effort dans chaque création et vous croyez que c’est tout ce que ça prend. Mais au delà de cette croyance, ça n’a pas l’air de marcher, votre progrès est terriblement lent.  Vous voyez des gens autour de vous qui s’améliorent rapidement. Alors qu’est-ce qui se passe avec vous ? Encore une fois, dessiner est quelque chose qui s’apprend. Ce n’est pas caché en soi, juste comme une symphonie de Mozart ne l’est pas. Vous ne pouvez pas juste appuyer sur une clé du piano et attendre que la chanson joue en entier.  Comme vous ne pouvez pas juste dessiner au hasard des choses et espérer que chaque nouveau dessin sera de plus en plus proche de ce que vous souhaitez réaliser. Par le dessin, vous emmagasinez, vous créez dans votre cerveau une banque d’images et des notions essentiels pour vos créations. 

Vous ne pouvez pas, non plus, apprendre à dessiner si chacun de vos dessin doit absolument finir en chef d’oeuvre. Si tout ce que vous dessinez est créé pour être admiré, exposé ou vendu, vous allez faire trop d’effort pour que votre dessin paraisse bien, aux dépens de votre apprentissage. Oui votre but est de créer de belles oeuvres mais vous ne pouvez pas les réussir sans tout d’abord avoir déjà fait des croquis. Vous n’avez pas besoin d’exposer ou de vendre tout ce que vous dessinez alors ne vous souciez pas de ce que les autres pensent. L’apprentissage demande de la planification et beaucoup de réflexion. Ne dessinez pas n’importe quoi en espérant un jour acquérir une certaine habilité dans le processus. Décidez ce que vous voulez apprendre et trouvez comment vous devez le faire. Et apprenez…. Dessinez beaucoup, mais dessinez de façon sensé. Pensez à ce que vous faites. Ne faites pas juste observer ce qui arrive. Recherchez des règles , des astuces que vous pourrez retenir et utiliser plus tard. Testez ces règles , modifiez-les s’il le faut. Gardez votre apprentissage en mouvement. 

C’est clair que si vous continuez d’espérer que vos habiletés en dessin se développent tout seul pendant que vous dessinez et que cela n’arrive pas, vous allez vous dire que vous n’avez pas de talent. Mais la maîtrise du dessin a peu en commun avec la quantité de dessins que vous faites. Vous pouvez dessiner cent mains et cela ne vous rendra pas meilleur si vous n’avez pas tout d’abord analysé la structure d’une main. N’attendez pas que les habiletés, la compétence viennent magiquement vers vous. Commencez plutôt à apprendre. Ça ne veut pas dire d’arrêter de dessiner pour le plaisir. Donnez-vous aussi la possibilité de faire des brouillons, des esquisses pour laisser libre cours à votre apprentissage. De temps en temps, faite aussi des oeuvres plus achevées pour le plaisir. Conservez tout votre travail pour bien observer et apprécier votre progrès au fil du temps. Le chaos et le manque d’objectifs clairs sont les plus grands ennemis de l’apprentissage. 

 

 3-Un artiste n’a pas besoin d’apprendre à dessiner.

Comme vous avez sans doute remarqué, il existe une marge énorme entre ce qu’un débutant est capable de dessiner et ce qu’il souhaite réussir. Surtout lorsqu’il voit ce que d’autres sont capables de faire. Pendant que lui tente de griffonner quelques lignes pour réussir une figure très simple, d’autres arrivent tout simplement à réaliser un magnifique portrait. Mais comment est-ce possible ?

Le talent acquis à la naissance est une pensée très répandue et extrêmement limitante. Cette pensée mène continuellement à l’échec. Elle vous dit indirectement que si vous essayez de dessiner et que le résultat ne vous satisfait pas c’est parce que vous n’avez pas de talent et que vous ne serez jamais bon en dessin. Alors pourquoi continuer ? C’est peine perdue… Combien de fois avez-vous entendu dire ou avez-vous dis ? :  « J’aimerais tellement avoir ce talent ! » 

 

Croire que le talent est inné rend la vie aux artistes qui débutent beaucoup 

plus difficile qu’elle ne devrait l’être. 

 

Vous êtes peut-être l’un d’entre-eux. Certaines personnes croient que les artistes font tout de mémoire sans jamais avoir de référence ou de guide. Selon cette pensée, les artistes n’ont pas besoin d’apprendre, ils n’ont pas à se servir d’outil de référence, de démonstration ou de technique de quelqu’un d’autre. Car sinon, cela est vu comme du plagiat. En plus, lorsque ces personnes croient que l’approbation des autres est essentielle, alors là, c’est du sérieux. Cette façon de penser fait que bien souvent une oeuvre est valorisée en fonction du fait qu’elle a été créée de mémoire ou à partir d’une référence. Plus l’oeuvre est créé de mémoire plus l’artiste a de mérite. Il est donc plus facile d’avoir du succès si vous vous êtes servi de références pour réaliser votre dessin et votre manque de succès peut se justifier si vous l’avez créée de mémoire.

Bien sûr, ceci n’évalue pas la qualité de votre oeuvre. Elle décrit seulement le niveau de difficulté pour y arriver. Les gens s’en servent comme échelle de difficulté pour le dessin. Selon cette pensée, il est plus facile d’avoir du succès au niveau le plus bas (avec référence) et le manque de succès peut être justifié quand vous jouez au niveau le plus haut (mémoire). Cette façon d’analyser permet à certaines personnes d’établir une échelle pour évaluer la valeur d’une oeuvre. Selon moi, c’est plus complexe que ça.

Brièvement, selon cette pensée, le dessin d’après une référence est certainement plus facile. Vous pouvez simplement copier ce que vous voyez, sans même savoir ce que c’est et même le dessiner de façon super réaliste. Or, quand vous dessinez de mémoire, vous devez imaginer tout de vous-même : la pose naturelle, l’anatomie, les notions de perspective, les détails, la façon dont la lumière frappe toutes les surfaces … Donc, évidemment, de cette façon le dessin mérite plus d’admiration.

Quand vous voyez quelqu’un réaliser un dessin en dix minutes, cela ne veut pas dire que la personne a du talent. Pendant ces quelques minutes ce que vous voyez est le fruit de plusieurs années de pratique. Cela ne veut pas dire que cette personne a été plus choyée à la naissance. Seulement qu’elle a travaillé des milliers d’heures de plus pour arriver à réaliser cette oeuvre magnifique.

Cette admiration que vous ressentez est l’admiration de la compétence acquise par cette personne pendant des milliers d’heures de pratique. Ces grands maîtres ne sont pas nés avec une connaissance « de poses naturelles, d’anatomie, de notion de perspective, de détails des ombres et de la lumière ». Ils ont étudié et surtout pratiqué énormément. La façon la plus rapide et la plus efficace de pratiquer est de suivre des cours et d’utiliser des manuels de référence. C’est le meilleur moyen d’y parvenir.

Ça ne vous sert à rien de dessiner encore et encore la même chose en espérant, un jour, ne plus faire d’erreurs. Bien sûr, vous pouvez le faire pour le plaisir mais ce ne sera pas très productif. Il est préférable de simplement trouver un cours, une photo, un manuel au sujet de ce que vous essayez de dessiner et vérifiez comment vous pouvez vous corriger. Juste comme ça. Ce n’est pas comme tricher à un examen – c’est plutôt comme utiliser un manuel pour apprendre. Comme vous faites avec un livre de recette jusqu’à ce que vous maîtrisez la recette.

À bien y penser, essayer de dessiner quelque chose que vous n’avez jamais pratiqué et croire que ce sera aussi grandiose que l’oeuvre d’un artiste expérimenté ne fait-il pas de vous une personne prétentieuse ? Vous, vous êtes censés êtres bons sans apprentissage alors que d’autres ont dû apprendre en pratiquant des milliers d’heures. ..!?!   

 

 

4. Il faut se comparer au meilleur.

La plupart d’entre-nous s’inspirent et se comparent à de très grands artistes. Ce sont souvent des grand-maitres. Avec l’internet dans nos vies, nous ne sommes plus obligés de visiter une galerie pour observer l’art professionnel. C’est accessible facilement. De plus, nous pouvons observer des vidéos de ces grands artistes qui performent remarquablement bien. Cela semble si facile. Notre but, est de devenir comme eux. Obtenir cette même admiration. Voir l’art de ces artistes est vraiment inspirant, mais il peut aussi nous décourager. Cet objectif semble tellement inaccessible alors…pourquoi se donner autant de mal ? Surtout si vous n’arrivez pas à bien dessiner 5 % de votre travail. Selon vous, vos plus grands efforts ressemblent aux gribouillis d’enfants à côté de ces maîtres. Ces derniers peuvent même produire le croquis d’un chef-d’oeuvre en moins de 20 secondes.

Mais ils sont humains, comme vous et moi. Vous les observez au moment où ils sont au sommet de leur art. Vous ne connaissez pas leur cheminement. Ainsi quand vous vous comparez à eux, vous comparez votre cheminement actuel à leur sommet. Cette façon de faire vous frustrera toujours. 

Chaque artiste a débuté quelque part. Il commence, enfant, par des gribouillis, dessine ensuite beaucoup de dessins potables, puis un peu plus de dessins convenables et après des milliers d’heures de pratique active ils atteignent finalement la maîtrise. 

C’est cette maîtrise que vous observez. Vous, avec votre simple cent heures ou moins derrière vous, les regardez et pensez : « pourquoi, oh pourquoi, je ne peux pas être aussi bon qu’eux ? »

Vous pouvez certainement. Mais vous ne pouvez pas magiquement vous téléporter plus loin dans votre apprentissage. Ces artistes ont atteint ce niveau en raison d’heures de travail acharné, tout comme vous le ferez. N’ignorez pas leur expérience, juste parce que vous ne l’avez pas vue, n’attribuez pas tout au talent mystique. Ce n’est pas injuste et il ne faut pas que votre chemin vous semble plus difficile à réaliser que quelqu’un d’autre. Si c’est le cas, vous serez vite démotivé. 

« Comment fait-il pour être si bon, c’est déloyal ? » Vous ne connaissez pas son cheminement et vous ne pouvez surtout pas l’imaginer. Vous ne pouvez pas vous comparer à lui, comme vous ne pouvez pas évaluer à quel point vous devriez être bon à un certain âge ou après un certain nombre d’heures de pratiques actives. Vous avez votre propre cheminement et il n’a rien à voir avec celui des autres. Vous pouvez arriver à une telle maîtrise, mais chacun d’entre-vous a son propre chemin. Essayer de rejoindre quelqu’un qui s’y est mis beaucoup plus tôt que vous (et continue toujours de le faire) vous épuisera. 

 

La seule façon saine et honnête de juger votre progrès est 

de vous comparer à vous-même et seulement à vous-même.

 

Vous pouvez voir tout votre progrès en comparant vos oeuvres actuelles avec celles effectuées auparavant. Pas en comparant votre position actuelle avec la position de quelqu’un qui a plus d’expérience que vous. N’oubliez pas que les habilités que vous maîtrisez maintenant ont déjà été un objectif que vous vouliez atteindre auparavant. Gardez vos dessins, même s’ils sont mauvais. Datez-les tous pour une référence future. Quand vous êtes triste, parce que vous n’êtes pas aussi bon que quelqu’un qui a des milliers d’heures d’avance sur vous, regardez en arrière. Vérifiez vos vieilles oeuvres. Vous allez être étonné à quel point, rapidement, vous prenez certaines habilités acquises. Prenez votre temps, suivez votre propre parcours. Cela prend des milliers d’heures pour devenir bon en quoi que ce soit; il n’y a aucun raccourci. Certaines personnes sont déjà là où vous souhaitez être et elles y sont simplement parce qu’elles ont déjà fait ce que vous devez toujours faire. Admirez leur travail et retenez tout ce que des heures de pratique peuvent apporter. Ne souhaitez pas devenir comme eux magiquement. Ils ne sont pas spéciaux et vous ne l’êtes pas non plus. Ils y sont arrivés car ils ont travaillé dur, tout comme vous.

 

   Inspirez-vous plutôt des meilleurs pour vous motiver et 

vous propulser vers l’atteinte de l’excellence. 

 

 

5. Il faut avoir l’approbation des autres.

Quand nous sommes jeunes nous dessinons pour le plaisir et plus tard nous finissons par dessiner pour être admiré. Et…est-ce quelque chose de si important? Si vous prenez cette seule motivation pour dessiner alors attendez-vous à souffrir. Voulez-vous vraiment passer plusieurs heures par jour à développer des habilités en dessin en ayant comme seul but : plaire aux autres ? Dans ce cas, il serait peut-être préférable de ne pas montrer votre travail, mais vous continuez de le faire en espérant qu’un jour vous recevrez un commentaire positif. Lorsque vous admirez l’oeuvre de quelqu’un d’autre, ressentez-vous un sentiment de jalousie à l’égard de toute l’admiration qu’il reçoit des autres au lieu d’apprécier ses compétences acquises ? Que faites-vous du plaisir d’apprendre, de la satisfaction de créer quelque chose? Bien sûr, c’est naturel de vouloir partager sa satisfaction avec les autres, mais lorsque c’est votre seule motivation, votre parcours sera parsemé de constante frustration.

Faites une liste de ce qui vous motivent et voyez si ça vaut la peine d’y mettre les efforts. C’est facile d’apprendre à bien dessiner mais ça prend aussi beaucoup de temps pour pratiquer. Alors vous devez réfléchir à si c’est vraiment ce que vous souhaitez faire.  Si être admiré est au premier rang de votre liste , peut-être est-il préférable de vous concentrer sur quelque chose que vous aimez vraiment. La réelle admiration va seulement arriver quand vous aller vraiment maîtriser votre art. Bien sûr, quand les autres personnes reconnaissent vos efforts, vous vous sentez fiers et tellement plus confiants ! Il y a aussi un autre côté à la médaille. Quand d’autres disent de mauvaises choses sur votre travail, vous risquez de vous sentir rabaissés, honteux, même sans valeur, malgré toute la satisfaction que votre travail vous a donné plus tôt.

N’oubliez pas, quand les gens jugent votre art, ils ne jugent pas votre valeur. Ils jugent seulement vos habiletés. C’est vous qui faites en sorte que ces deux choses signifient la même. C’est très nocif. Une citation que j’aime beaucoup de Christine Gonzalez : « Le pourvoir que vous donnez au regard et au jugement des autres est votre propre prison. »  Quand vous croyez que l’admiration des autres est une preuve de votre valeur, alors vous devez faire tout pour les satisfaire. Vous dessinez seulement ce qu’ils aiment et ne devez jamais montrer d’erreurs. Vous ne pouvez jamais expérimenter de nouvelles choses, de peur de les décevoir. Vous devenez vendeur du produit qu’ils veulent et en échange, vous recevez leur admiration.

 

« S’il vous plaît, dites que je suis un bon artiste! »

 

Et alors, si tout le monde est heureux c’est quoi le problème? Cela dépend. Si vous aimez dessiner la même chose à plusieurs reprises, parce que vous aimez ça autant que vos admirateurs, alors ça va. Mais si vous avez l’impression d’être un esclave, que vous êtes fatigués de dessiner toujours ces oeuvres populaires, dans le même style, tout le temps et vous avez peur d’essayer quoi que ce soit de nouveau … Alors c’est peut-être le temps de passer à autre chose.

Rappelez-vous que vous ne voulez pas vraiment avoir d’admirateurs. Vous voulez avoir des admirateurs de votre style, de votre art. Vous pouvez penser que vous voulez créer ce qu’ils aiment, mais en réalité tout ce que vous souhaitez est qu’ils apprécient vos oeuvres. Si vous faites ce que vous aimez, ce qui vous anime, votre émotion sera transmise aux spectateurs. N’est-ce pas votre objectif et le leur ?

 

Le plus important est que vous soyez votre plus grand fan 

et que vous restiez vous-même. 

 

Votre opinion devrait avoir priorité sur celle des autres. Même si mille personnes disent qu’ils n’aiment pas votre art, cela n’a pas d’importance du tout tant que vous aimez ce que vous faites. Parce que c’est vous et vous savez mieux que personne ce que votre art doit être. Aimez ce que vous faites et restez aligné sur vous-même. Si votre intention est de réaliser une oeuvre de telle façon, la critique est tout simplement une question de goût et ce n’est pas quelque chose qui est bon ou mauvais. Souvenez-vous : permettez aux gens d’avoir leurs propres opinions. S’ils n’aiment pas quelque chose que vous aimez, cela ne signifie pas qu’ils ont tort et que vous avez raison. Les goûts ne sont pas bons ou mauvais. Vous pouvez seulement les partager ou non. Si vous n’êtes pas d’accord avec un commentaire mais qu’il est constructif, vous pouvez l’utiliser. Sinon, oubliez-le.  Après tout, vous ne pouvez pas et, vraiment pas, plaire à tout le monde.

 

En résumé, 

Apprendre à dessiner comme un maître, demande d’acquérir plusieurs habilités. Voyez différemment votre évolution en dessin. Vous devez apprendre par des formations, des manuels de référence et surtout dessiner en ayant conscience de ce que vous faites. Cela ne viendra pas tout seul. Personne ne naît avec les habiletés. Soyez patient et persévérez. Vous devez vous comparer à vous même et non à ceux qui sont rendus au sommet de leur art. Et …S V P ne cherchez pas à plaire à tout prix. Bien que ce soit très flatteur d’être adulé, restez vous-même, faites ce que vous aimez. Votre art s’en portera mieux et vous en retirerez tellement de plaisir.

N’est-ce pas plus réaliste ?

 

Martine Pomerleau artiste peintre portraitiste et animalier.
Au Québec, deux excellentes écoles d’art que je vous recommande;
à Laval : https://www.academiedesbeaux-arts.com/
et à Québec :  http://www.acbaqc.com/fr/

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